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Mise à jour
10 juin 2007
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APRÈS AVOIR annoncé, dimanche
dans nos colonnes, qu'il donnerait son feu vert au projet d'enfouissement
de la nationale 13 à Neuilly-sur-Seine, le ministre des
Transports a confirmé hier sa décision par écrit.
« Afin de préparer les enquêtes publiques nécessaires
à la réalisation du projet, les études
d'avant-projet sommaire de la dénivellation et de la couverture
seront engagées », précise Dominique Perben, qui a
évoqué le dossier hier
lors d'une réunion avec le maire de Neuilly, Louis-Charles Bary,
et le vice-président du conseil général, Patrick
Devedjian.
L'occasion pour les trois hommes d'évoquer l'enjeu du chantier
: fluidifier la circulation de cette avenue, empruntée chaque jour
par plus
de 160 000 véhicules. Mais les discussions ont surtout porté
sur l'épineuse question du coût de l'opération, estimée
à plus de 750millions d'euros.
Le ministre précise qu'une « étude de lensemble
des modalités possibles de financement sera réalisée
» et qu'un comité de suivi du projet sera mis en
place, présidé par le préfet de région.
« Le quart du coût de la rocade de métro »
« Le ministre considère inconvenant, à quelquesmois
d'échéances électorales qui verront l'installation
d'un nouveau gouvernement,
de dire combien lEtat est prêt à investir dans l'opération,
précise Patrick Devedjian. On ne pourra organiser un tour de table
financier
quune fois les contours du projet détaillés. »
Si ce feu vert de lEtat réjouit la plupart des Neuilléens,
il laisse sceptiques les défenseurs
de lenvironnement. « Lannonce du ministre nest
que de la poudre aux yeux », commente un dirigeant du collectif
Environnement 92.
« Cest au contraire une décision capitale, corrige
un élu UMP de Neuilly. Sans feu vert de lEtat, nous ne pouvions
plus avancer. »
Lun des membres fondateurs de lassociationMaillot-Sablons-Madrid,
qui milite depuis plus de quinze ans pour lenfouissement, reste
sur sa faim:«Nous sommes toujours dans lexpectative et nous
ne savons pas qui sera le pilote de cette opération. » Certainement
pas le
conseil régional, qui juge plus important de consacrer son budget
au développement et à l'amélioration des transports
en commun.
« La seule rénovation du RER B, emprunté quotidiennement
par plusieurs centaines de milliers de voyageurs, coûtera au minimum
550 millions deuros, rappelle le président PS de la région,
Jean-Paul Huchon. Sept millions de voyageurs empruntent chaque jour les
transports, et cest notre priorité. »
« Il est en outre curieux que lEtat préfère
traiter prioritairement lavenue Charles-de-Gaulle à Neuilly
plutôt que le noeud autoroutier A 86-A 4, qui est le principal bouchon
dEurope », renchérit le conseiller route du président
du conseil régional.
Ladjoint au maire vert de Paris Denis Baupin est sur lamême
longueur donde. « Je comprends la souffrance des habitants
de Neuilly,
qui est celle de milliers dhabitants en Ile-de-France.Mais doit-on
consacrer 1 milliard deuros à des traitements de la pollution
et du bruit
en réduisant le trafic automobile ou faut-il les consacrer à
enfouir la N 13 ? 1 milliard, cest tout demême le quart du
coût de la rocade de
métro envisagée autour de Paris et annoncée il y
a quelques jours par le PDG de la RATP. » Sans surprise, le président
du groupeUMP à
la région, Roger Karoutchi, proche de Nicolas Sarkozy, milite quant
à lui pour la couverture de la N 13. « Cest un axe
routier essentiel à
louest de Paris, et le développement de La Défense
va encore accroître, dici quelques années, le nombre
de véhicules sur cette route qui
est lune des plus utilisées en Ile-de-France avec la A 1.
Il faut donc examiner toutes les possibilités de financement de
ce chantier… y
compris au niveau européen. »
Frederic Mouchon
et Florence Hubin
Un montage financier difficile
A COLLECTIVITÉ, les usagers, L des investisseurs privés
? Toutes les éventualités de financement ont été
passées en revue lors
du débat public sur le projet. Le maire de Neuilly a annoncé
en septembre la constitution dun comité chargé détudier
la question.
La collectivite. Puisquil sagit dune route nationale,
lopération pourrait être financée par lEtat,
le conseil régional dIle-de-France et
le conseil général des Hauts-de-Seine (la ville de Neuilly
ne participera quaux aménagements de surface) . Durant la
période
2000-2006, 9 milliards deuros ont été inscrits au
contrat de plan Etat-région, dont 1,25 pour les investissements
routiers.
Le projet de couverture de la N 13 représenterait donc plus de
la moitié de la somme totale consacrée aux routes pour toute
lIle-de-France.
Les usagers. Dès le 20 avril 2005, Nicolas Sarkozy avait évoqué
la possibilité de mettre en place un péage. Mais cette hypothèse
présente deux inconvénients. Lun
technique : pour éviter de ralentir le trafic par un arrêt
au péage, il faudrait utiliser un système vidéo avec
desbadges àborddes véhicules.Un
dispositif qui nest pas encore expérimenté en France.
Lautre écueil est politique : il serait difficile dimposer
un tronçon payant pour la seule traversée de
Neuilly.
Cela pourrait inciter les automobilistes à éviter ce tunnel
et reporter la circulation ailleurs.
La Defense. LaN13 suivant un axe Paris-La Défense, certains élus
estiment que lEtablissement public daménagement de
La Défense (Epad) pourrait être mis à contribu-
tion. Le plan de relance du quartier, annoncé par lEtat,
permettra en effet à lEpad de vendre de nombreux droits à
construire et donc de… remplir ses caisses.
Ce qu’on peut faire avec 750 millions d’euros VEC 750 millions,
le coût estimé de A lenfouissement de la N 13, on pourrait
réaliser :
Dix fois le prolongement du tramway T2 : la réalisation de trois
stations (2,3 km) entre Issy-les-Moulineaux et la porte de Versailles
va coûter 72,5millions deuros.
Pres de cinq fois le prolongement de la ligne 13 du metro jusquà
Asnières-Gennevilliers (le Luth) qui coûtera au moins 158
millions deuros.
Presque un quart du projet de rocade de metro autour de Paris, le «
métrophérique », annoncé par la RATP, si on
prend en compte le montant minimal de 4 milliards deuros.
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