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Mise à jour
10 juin 2007
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du Lundi 19
Novembre :
Environnement
Ils veulent enterrer la nationale
PRESQUE COUVERT par le murmure des voitures, le son du mégaphone
arrive
péniblement aux oreilles des manifestants. Certains demandent qu'on
« parle
plus fort ». Devant le 80, de l'avenue Charles-de-Gaulle à
Neuilly, une
centaine de personnes se sont réunies samedi matin pour réclamer
l'enfouissement de cette route nationale empruntée quotidiennement
par près
de deux cent mille véhicules. Dénonçant le bruit,
la pollution et les
dangers de ce flux quasi ininterrompu d'automobiles, les manifestants
ont
dévoilé une plaque rebaptisant symboliquement l'avenue «
autoroute
Charles-de-Gaulle ». A l'appel de l'association Maillot-Sablons-Madrid,
la
manifestation avait plutôt des airs de rassemblement policé.
Sur le
trottoir, des mères de famille côtoient des jeunes couples
et des
retraités. Mais certains propos restent virulents. « Nous
nous sommes
promis d'enterrer cet enfer avant qu'il ne nous enterre tous, lâche
avec
emphase l'un des manifestants. Il faut terrasser la bête. »
« Même avec le double vitrage, on entend toujours un bruit
de fond »
Une bête que Paola côtoie depuis vingt ans. « Nous sommes
asphyxiés par les
voitures qui circulent sur cette avenue jour et nuit, explique cette
riveraine. Même avec le double vitrage, on entend toujours un bruit
de fond
qui finit par taper sur les nerfs. » « Je ne comprends pas
pourquoi une
telle avenue existe encore, commente Sylvie. Franchement, c'est infernal
et
je me demande comment font les personnes âgées pour la traverser.
» Si
enterrer les voies de circulation serait pour les riverains une solution
à
tous leurs maux, le défi paraît compliqué techniquement
et financièrement.
Un budget de 80 millions de francs (12,20 millions d'euros) a été
affecté
par la région et le département à la réalisation
d'études. Mais l'on sait
déjà que le coût d'un tel chantier est estimé
entre 1,5 milliard (220
millions d'euros) et 3 milliards de francs (460 millions d'euros). Autant
dire qu'un geste financier de l'Etat serait nécessaire pour que
le projet
ait des chances d'aboutir. C'est justement pour maintenir la pression
sur
les pouvoirs publics que l'adjoint au maire de Neuilly, Louis-Charles
Bary,
est venu manifester aux côtés des habitants. Estimant que
« le premier pas
est fait », l'élu rêverait de pouvoir donner le premier
coup de pioche des
travaux à l'horizon 2006. Les manifestants, eux, rêvent surtout
de pouvoir
rebaptiser un jour l'avenue « promenade Charles-de-Gaulle ».
F.M.
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