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Mise à jour
10 juin 2007
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Samedi 10 mai 2008 Le Journal du Dimanche Fromantin: "Non aux tours
à Neuilly" Par Bertrand GRECO
Jean-Christophe Fromantin, le nouveau maire de l'ancien fief sarkoziste,
dévoile au JDD ses priorités. Premier dossier, l'enfouissement de la RN13
et ses 160 000 véhicules par jour. Il se prononce contre un péage et propose,
par contre, l'idée d'un tunnel qui relierait le périphérique parisien
à l'A14.
Pour le JDD, Jean-Christophe Fromantin dévoile ses projets pour Neuilly.
(Reuters)
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Deux mois après votre élection à Neuilly, quelles surprises et quels désagréments
avez-vous rencontrés?
Rien de désagréable. Je découvre des dossiers passionnants, avec enthousiasme
et sérénité, conscient de la responsabilité qui m'incombe. La vraie bonne
surprise, c'est la collaboration des services. On m'avait dit: «Tu verras,
tu seras dans un autre monde par rapport à l'entreprise»; je n'ai pas
cette impression. Je trouve de la réactivité et de la créativité. Quand
je demande une information, elle arrive vite. J'ai réuni cette semaine
l'ensemble des chefs de service pour les remercier de leur disponibilité
pendant cette première période.
Qu'avez-vous appris sur Neuilly que vous ignoriez?
J'ai découvert des lieux liés à l'organisation municipale: des garages,
des ateliers, des services, toute une vie en sous-sol. D'ailleurs, après
les deux premiers mois, qui ont été des moments de rencontre, de compréhension,
de gestion des urgences, je prépare maintenant une réorganisation. Je
circule en moto, je n'ai donc pas besoin des deux 607 _j'en revends une_
et de tous les moyens logistiques attribués au maire.
Le gros dossier que vous allez devoir gérer concerne l'enfouissement
de la RN13, c'est-à-dire l'avenue Charles-de-Gaulle qui coupe Neuilly
en deux _entre la Porte Maillot et la Défense_, où circulent 160.000 véhicules
chaque jour. La mairie de Paris et le conseil régional (PS) y sont farouchement
opposés. Quelle est votre position?
Il y a quinze jours, j'ai eu connaissance d'un rapport des Ponts et Chaussées
sur ce projet. Je n'y ai pas trouvé mon compte. Le coût des travaux est
réévalué à un milliard d'euros, alors qu'on parlait jusqu'ici de 750 millions.
Le rapport recommande un complément d'étude de 5 Meuros. Et préconise
deux solutions de financement: 200 Meuros pris en charge par les pouvoirs
publics (Etat, région, département...) et 800 Meuros à trouver grâce à
un péage et à la construction de deux tours de 170 mètres de haut. Je
suis contre ce péage: je ne vois pas pourquoi Neuilly serait la seule
ville d'accès à Paris à en être doté. C'est une question d'équité. De
plus, c'est prendre le risque d'un report de circulation en surface. Quant
aux tours, on n'a pas à faire supporter à l'urbanisme neuilléen une amélioration
de l'accès à la Défense et à la nouvelle zone Seine-Arche [à Nanterre].
D'une manière générale, je ne suis pas favorable à l'idée de tours à Neuilly.
Si l'on doit en construire, il y a la Défense.
"Mon élection est très légitime"
Doit-on comprendre que le projet d'enfouissement de la RN13 est... enterré?
Non, ce n'est pas à moi de décider. Ce projet dépasse largement Neuilly.
Et il existe sans doute d'autres solutions à explorer. J'ai rencontré
cette semaine des conseillers techniques de Jean-Louis Borloo [ministre
de l'Aménagement du territoire] à ce sujet. Et je me suis entretenu récemment
avec Dominique Bussereau [secrétaire d'Etat chargé des Transports]. Il
va lancer un comité de pilotage auquel je participerai bien volontiers.
Il faut faire quelque chose pour cette avenue.
Que proposez-vous?
L'idée d'enfouissement date d'une trentaine d'années. Les technologies
ont évolué. J'ai fait part au ministre de l'hypothèse d'un tunnel qui
relierait le périphérique à l'A14, au-delà de la Défense. On pourrait
profiter de la prolongation d'Eole [RER E] pour que le forage soit étendu
à un projet routier. Un forage n'a pas d'impact en surface contrairement
à un enfouissement, qui creuse une tranchée. Je n'ai vu aucune étude sur
l'impact d'un tel chantier de dix ans à Neuilly. Pourtant, toute la vie
économique de la ville est concentrée sur cette avenue. Imaginez les répercussions
pour les entreprises, les commerçants, les professions libérales, les
riverains...
Le conseiller général Jean Sarkozy est-il missionné pour faire avancer
ce dossier cher à son père?
C'est une chose de prendre des engagements, c'en est une autre de s'assurer
de leur faisabilité. En ce qui me concerne, je n'ai pas fait de promesses
inconsidérées. Lors de mon deuxième entretien avec le Président de la
République pendant la campagne, je lui ai demandé s'il avait une solution.
Il m'a répondu: "Non, c'est compliqué...." Il suit ce dossier,
car il est attaché à Neuilly, mais j'ai noté ses réserves et sa prudence.
On dit que Jean Sarkozy prépare la reconquête de la ville. Vous sentez-vous
menacé?
Je ne me suis pas lancé dans cette aventure pour démarrer une carrière
politique. Je n'ai pas l'intention de manoeuvrer de manière à être dans
la meilleure position pour être réélu. Chacun est libre de se lancer dès
maintenant dans la conquête de la ville et de faire une campagne de six
ans. Je ne peux pas l'interdire. Je suis d'autant plus serein que mon
élection est très légitime: je n'ai pas été investi par un parti et j'ai
fait 62% alors que j'étais absolument inconnu en politique un an avant.
Mais quelle relation avez-vous avec Jean Sarkozy?
Une relation normale d'un maire avec un conseiller général. Je le croise
en mairie quand il fait sa permanence, lors des cérémonies, au conseil
d'administration de l'hôpital, à l'anniversaire du club de karaté... On
travaille en bonne entente, sans a priori, en dehors de tout projet politique
personnel.
Etes-vous choqué par la situation du logement social à Neuilly, décrite
dans Le Monde 2 en janvier dernier, à savoir des appartement occupés par
des familles très aisées, parfois référencées au Bottin Mondain ou au
Who's Who?
Il faut faire attention à la caricature. Quand une ville achète un immeuble
pour le mettre dans le parc social, elle le fait avec les gens qui sont
dedans. Il y a un historique à gérer ici, ce n'est pas aussi simple. Toujours
est-il que je suis très favorable à ce qu'on relance ce débat. J'y ai
beaucoup travaillé depuis quelques semaines. Ma priorité est de mettre
de la transparence dans l'attribution des logements sociaux et de faire
en sorte qu'il n'y ait pas de pouvoir discrétionnaire du maire et des
élus. Je m'apprête à mettre en place, dans les quinze jours, une commission
d'attribution, dans laquelle je ne siègerai pas, qui sera ouverte à l'opposition
municipale et même à l'ancienne opposition socialiste qui n'a plus d'élus.
Avec ses 3,8% de logements sociaux, Neuilly est dernier de la classe.
L'objectif des 20% fixé par la loi est-il atteignable?
C'est très difficile: ces 20% représentent au minimum 5 000 logements!
L'objectif est le même pour toutes les villes. Or, à Neuilly, il n'y a
pas beaucoup d'espace disponible. Dès ma première semaine de mandat, j'ai
préempté un terrain. De quoi faire un petit immeuble d'une douzaine de
logements. D'ailleurs, je mets beaucoup d'espoir dans le Grand Paris,
qui doit pouvoir concourir à la mutualisation des moyens notamment en
matière de logements sociaux
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